Pour les détails:
je suis arrivée à la maternité vers 11h30,
persuadée donc de perdre les eaux petit à petit sans
en être sure. On me fait un monitoring où pour la
première fois apparaissent des contractions! Tiens! me
dis-je, ce sont les premières depuis le début de la
grossesse. Ensuite, on m'osculte et on me confirme que c'est bel et
bien la poche des eaux qui est rompue. On m'a fait une prise de
sang pour vérifier qu'aucune infection n'avait
commencé, ce que l'on risque quand on attend trop longtemps
une fois les eaux perdues... grrr... On m'a ensuite envoyée
promener une heure le temps que les résultats arrivent et
qu'on me prépare ma chambre. De mon côté, aucun
signe de contractions, je suis allée me ballader dans le
parc, appelé mon chéri, prévenu la famille
etc. Je me repointe à 14h00 avec un infirmier chopé
au passage sur le parking pour porter ma valise. On me fait visiter
la station, on me montre ma chambre, tout va bien.
L'infirmière se retire, je m'allonge sur le lit et PAF!
une contraction du tonnerre me plie en deux sur le lit! c'est pas
sensé commencer doucement avec des pauses entre deux? Je
fais bravement mes exercices de respiration, mais la force des
crampes et leur fréquence rapprochée me fait peur. Je
rapelle l'infirmière qui me dit d'aller voir du
côté des salles d'accouchement. Bon, je me
relève et je suis le couloir en faisant des pauses tous les
3 pas, pliée en 2 sur un appuis de fenêtre.
Arrivée à la reception des salles d'accouchement,
j'expose mon cas et demande ce que je dois faire. La sage-femme,
pas impressionnée pour deux sous, me dit que c'est à
moi de découvrir ce que je dois faire les 7 ou 8 heures qui
vont suivre. Continuez à marcher, c'est très bien. Je
repars dans le couloir m'appuyer à l'appuis de
fenêtre... Des infirmières passent "ahhhh
très bien! continuez comme ça!". Je me sentais
complètement paumée, j'avais la frousse et hâte
que Christian arrive. Je commençais à ne plus trop
voir clairement ce qu'il se passait autour de moi. Tout
à coup une contraction phénoménale -
juste le temps d'arriver aux toilettes pour vomir (oui
désolée, c'est pas glamour du tout), je suis en nage,
trempée. Ouf Christian arrive! Nous sommes dans une petite
salle "d'attente" avec un lit, pas loin des salles d'accouchement.
Après une heure de contractions, toujours debout
appuyée sur le lit, une sage-femme vient enfin nous dire
d'aller en salle de travail, et qu'on va me mettre dans une
baignoire pour alléger les douleurs.
Heureusement que Christian est là, il me tient, me
deshabille, plie mes affaires, fait couler l'eau, me met dans
la baignoire et se laisse écraser les doigts à chaque
contraction, tout en faisant les respirations avec moi. Sa
présence me calme et me rassure. On me donne des
anti-douleur et des cachets pour que le col s'ouvre. Pour moi c'est
le trou noir, et les crampes à peine plus supportables, des
vomissements. J'y suis restée 2 heures puis, vaincue, j'ai
réclamé la péridurale. On m'a encore fait
attendre sur un lit 2 bonnes heures avant que
l'anesthésiste arrive. Et là l'horreur...
Il s'y est repris à 3 fois, je n'ai jamais eu aussi mal
de ma vie. Il me disait, bougez plus! Qui? Moi? Mais j'ai des
contractions qui me plient en 5, comment veut-il serieusement que
je ne bouge plus? On a eu beau me donner un truc pour faire cesser
les contractions le temps de la piqûre, plus une
anesthésie locale, je crois que je n'avais jamais eu peur,
hurlé et pleuré comme ça. Je vois encore
ma jambe partir en l'air au moment où il touche un nerf en
piquant. Les infirmières ont toutes sursauté.
Christian à dû sortir avant de tomber dans les pommes.
Finalement il a plus ou moins réussi. Il me dit que comme
j'ai bougé (en plus c'est ma faute!!!) la péridurale
n'a pas été bien placée et qu'elle risque
d'être trop puissante et m'endormir comme pour une
césarienne!!!
De mon côté je sens que ça fait effet, il
est environ 20h00, tout se calme et devient agréable, je
peux enfin voir où je suis, respirer normalement, me
détendre. Pendant 2 heures, je ne sens plus rien, je me
repose, je suis bien, une perf me réhydrate. Petit à
petit les contractions reviennent, mais de manière
supportable - douloureuses, mais j'arrive enfin à les
contrôler. VErs 23h00, la sage femme m'aide (j'ai encore
une jambe endormie) à me mettre sur la table de travail
(high tech en passant - en forme de grosse serrure de couleur rose)
Elle tamise les lumières, et le plafond se transforme en
ciel étoilé. Le col est entièrement ouvert et
elle me dit que ça ne va plus trop tarder. Petit à
petit je sens aussi que les contractions sont différentes,
vers minuit une pensée fugace: zut, la poulette naitra pas
à la même date que son oncle^^. La sage-femme
m'encourage, me dit qu'elle voit ses cheveux, plein de cheveux
noirs! Je serre les dents et voilà la tête, je
reprends ma respiration et 10 minutes plus tard... la voilà!
On lui aspire le liquide qu'elle a avalé et après un
couinement on me la donne enveloppée dans une serviette.
Elle est toute collante, mais c'est elle enfin! Nous sommes tout
content!
Ensuite, Christian et la sage-femme vont la nettoyer et
l'habiller pendant que je "termine le travail" et que le docteur
s'occupe de l'épisio (propre - aujourd'hui je sens
déjà plus rien et je peux m'asseoire normalement). On
nous a ensuite laissé le temps pendant 2 heures de
nous retrouver tous les trois, de nous regarder, de lui donner son
premier repas, c'était très agréable.
Malgré la fatigue, Christian est resté
jusqu'à 4h00 du matin, et moi j'ai passé le
reste de la nuit à regarde ma Lili dormir
.
Les jours qui ont suivi ont été une course
à l'allaitement. Moi qui pensait que ça
fonctionnerait comme sur des roulettes, je me prends une bonne
claque. Ca va pas du tout. Ca me fait très mal. C'est
insupportable. Je développe petit à petit une peur
panique à chaque têtée, tout est irrité,
rouge, gonflé, la puce ne boit pas assez et commence une
jaunisse... Le dernier soir j'abandonne et décide de tirer
le lait pour le lui donner au biberon... Un
révélation. Je découvre le plaisir de nourrir
ma fille, de ses yeux dans les miens, pas de cris, du calme... Le
lendemain l'infirmière veut que je me remette à
l'allaiter. Je fais un malaise - les infirmières me disent
que je devrais rester plus longtemps le temps que ça marche.
Mais pourquoi se torturer? Je les envoie tous paître, je
décide d'en rester au tire lait électrique et aux
biberons. Je suis une pacifiste moi.
Je suis donc rentrée samedi avec ma puce, mon homme et
mon tire-lait. Ca demande de l'organisation, ça prend un
temps énorme... mais au moins personne ne souffre.
Malgré tout, demain, je refais une approche
d'allaitement avec l'aide de ma sage-femme (En Allemagne, on a
droit à une sage-femme qui vient à domicile pendant
10 jours autant de fois qu'on veut). Elle me dit que pour me
protéger je peux mettre une tétine de biberon!!! Car
la pompe, c'est sensé être invivable à la
longue. On verra demain ce que ça donne. Croisons les
doigts.